lundi 1 novembre 2010

J'ai des paroles à revendre.

Donner mon avis, meubler une conversation, faire des blagues (nulles), utiliser des mots "qui font bien", avoir de longues conversations, se confier à ses copines, écouter (et comprendre) en catimini les conversations des autres, recevoir et donner l'affection qui fait défaut ici... Voilà un bon nombre de choses qui me manque. J'apprends à accepter à ne rien dire, rester silencieuse, à ne pas tout comprendre. Quelque chose qui m'était difficile à faire. J'aimerai que les choses aillent plus vite et que je puisse d'ores et déjà m'exprimer librement. Le manque de vocabulaire, de bases, de souvenirs en communs m'isolent des autres. Et l'impression que les progrès sont trop lents m'exaspère parfois.
Alors je me sers de ce blog pour me "défouler" un peu. Mais j'aimerai le faire bien plus, j'ai des tas de choses à vous raconter, des tas de choses à expliquer. J'ai envie de vous écrire, de vous dire que je pense souvent à vous. De vous envoyer les longs mails que j'aurai du faire depuis longtemps. De répondre aux vôtres plus rapidement. D'écrire des cartes. De mettre des mots sur ce qui se balade dans ma tête...
Le fossé se creuse petit à petit entre ma vie française et ce que je vis ici, mais l'équilibre n'est pas trouvé, ballotté entre deux frontières je ne perds pas la France de vue et me construis un port d'accroche ici.
Parfois c'est la sensation agréable de l'insouciance enfantine qui revient, ne se soucier de rien, écouter sans comprendre, se laisser vivre en suivants les autres, apprendre à faire comme ceux qui nous entourent... Avec l'excuse d'être étrangère.

Expérience inexpliquée et inexplicable, seulement faite pour être vécu. Ça ressemble vaguement à la vie.

"Oublié dans son pays, inconnu ailleurs, tel est le destin du voyageur."
Marcel Carné